Industrie : un moteur de croissance et d’avenir

Dans un de ses nombreux avis, le CESE s’est penché sur l’industrie. Après une phase de bilan, elle propose des voies pour que l’Industrie devienne un moteur de croissance et d’avenir. Sur les 160 pages du rapport, nous avons retenu les questions liées à la numérisation et la robotisation. L’ensemble de l’avis restant disponible sur le site du CESE.

L’industrie a repris sa place dans le débat public. Il faut le saluer, car l’avenir de notre pays, son économie, ses emplois, sont fortement dépendants de la capacité productive de l’industrie sur le territoire national. Si certains annoncent une reprise globale, d’autres soulignent cependant avec raison que la France ne semble pas encore en bénéficier à plein. L’état de son appareil industriel, l’absence d’anticipation des formations et qualifications nécessaires ainsi que le défaut d’investissement, provoquent un accroissement des importations pour répondre à la demande et donc contribue à accentuer le déséquilibre de sa balance commerciale. Cette période doit être mise à profit pour élaborer une stratégie et tracer les perspectives qui stimuleront l’activité industrielle, dans un objectif de développement durable de la société.

Cet avis du CESE a pour ambition, au travers de ses préconisations, de proposer des éléments de réponse pour faire en sorte que l’industrie retrouve son rôle de moteur de croissance et d’avenir dans l’économie. Cela passe non seulement par une transformation mais également par un accroissement de nos capacités productives sur le territoire national afin de répondre au marché intérieur et de développer nos exportations.

Quelle vision industrielle sur le long terme ?

L’industrie et la réponse aux besoins de la société sont étroitement liées, d’autant plus si on envisage celle-ci au sens large, avec les services qui lui sont associés. Même si la question du changement de mode de développement et de la redéfinition d’une croissance durable s’impose, la demande en produits manufacturés d’une qualité nouvelle et des services afférants, va de pair avec l’élévation des besoins et du niveau de vie. La réponse à cette demande de biens industriels nécessite de les produire sinon de les importer.

Des sociologues comme Pierre Veltz (Ref 1) dénoncent l’idée que le passage à une société post-industrielle dans laquelle le déclin, voire la disparition de l’industrie, succédant à une société industrielle elle-même précédée d’une société agraire, serait en quelque sorte naturelle et ne poserait pas de problème (Ref 2). Dans ce modèle, la France par exemple se spécialiserait dans le secteur du tourisme et importerait des biens industriels pour répondre à sa demande intérieure. Or, cette spécialisation dans un secteur à faible valeur ajoutée associée à de bas niveaux de rémunérations, appauvrirait la France qui à terme, pourrait devenir un pays de second plan.

L’industrie reste incontournable pour la croissance, l’emploi, la réponse aux besoins de la société et donc la qualité de vie des Français. C’est pourquoi l’économiste Gabriel Colletis a fait remarquer lors de son audition que si la place de l’industrie a pu être jugée « secondaire », aucun pays aujourd’hui ne peut se dispenser d’une base productive assise sur une industrie robuste. Certains pays comme l’Allemagne, s’appuient sur l’expansion de leur secteur industriel, qu’ils traitent souvent comme une question d’indépendance nationale.

Le secteur industriel français représente un enjeu important pour l’emploi car chaque emploi industriel permet de générer trois à quatre emplois induits. Ceci est d’autant plus vrai que les salaires dans l’industrie sont en moyenne plus élevés que dans les services. De longs développements ayant été consacrés à l’emploi, on rappellera seulement que près de 3 millions de personnes sont employées directement par le secteur industriel, auxquelles il faut ajouter les salariés des services liés puisque l’industrie a externalisé une partie de son activité vers le secteur des services. Au total, d’après les estimations de Gabriel Colletis, l’industrie représente 40 à 45 % de l’emploi marchand.

En outre, l’industrie manufacturière française réalise près de 70 % des exports. Le solde manufacturier est néanmoins structurellement déficitaire ce qui signifie que la France doit importer les produits qu’elle consomme pour répondre à sa demande intérieure.

Enfin, l’industrie manufacturière réalise les trois-quarts de la dépense intérieure de recherche et développement des entreprises (Ref 3)(Ref 4). Or en dépensant en R&D, les entreprises et l’État investissent dans la production de la connaissance et génèrent ainsi des produits ou des procédés innovants. La recherche est ainsi considérée comme l’un des principaux moteurs des gains de productivité. Ces derniers sont essentiels à la croissance, notamment de long terme.(Ref 5) La politique de R&D en France n’est pas à la hauteur des enjeux.

Au total, l’industrie est un puissant levier de croissance et d’emplois. En 2005, le rapport « Beffa » (Ref 6) faisait déjà état du « puissant effet d’entraînement de l’industrie sur l’ensemble des activités » s’appuyant sur un rapport de la Datar de 2004 (Ref 7) : pour 1 euro de production, l’industrie consomme 0,7 euro de produits intermédiaires, contre 0,4 euro pour les services.

A ce titre, l’Insee fournit un multiplicateur qui permet de passer de la contribution directe d’un secteur à la croissance de la valeur ajoutée (effet direct), à sa contribution totale en France (effet indirect qui tient compte des effets d’entraînement sur les autres secteurs) (Ref 8). Ce ratio fournit pour une unité supplémentaire de valeur ajoutée d’un secteur, le nombre d’unités de valeur ajoutée globalement produites dans l’économie. Il est d’autant plus élevé que le processus de production utilise une part importante de consommations intermédiaires et que leur contenu est riche en activités domestiques et pauvre en importations. Les secteurs de l’industrie présentent les multiplicateurs les plus forts. Notamment lorsque les secteurs aéronautique et automobile génèrent directement une unité de valeur ajoutée, ils génèrent via leurs consommations intermédiaires produites en France, plus de quatre unités de valeur ajoutée. Ce multiplicateur tombe à 1,5 pour le secteur des commerces et des services.

Les défis environnementaux auxquels le monde est confronté, les possibilités offertes par les nouvelles technologies et les aspirations des populations, ouvrent de nouvelles perspectives de développement à l’industrie. Elle doit tout à la fois répondre à des défis technologiques, concevoir des méthodes et des produits nouveaux, contribuer à changer notre modèle de développement en repensant les modes de production et d’usage. La nécessité de diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre (GES), de trouver les moyens de produire plus efficacement et d’optimiser l’usage des ressources (fossiles, métaux, terres rares, etc.), peuvent représenter une opportunité d’innovation pour notre industrie qui pourrait se positionner sur des segments plus exigeants en nouveaux savoir-faire pointus et ainsi gagner en compétitivité et en création de valeur. Ce changement de paradigme nécessite d’importants efforts de recherche avec par exemple l’éco-conception, de penser en termes de circuits courts, d’économie circulaire, de recyclage, durabilité, maintenabilité, interconnectivité (ce qui pose la question des normes et des brevets). Il doit également permettre d’ouvrir des portes sur un nouveau développement basé sur la mutation de notre système productif.

La transition numérique

Ces défis environnementaux et sociaux représentent une opportunité de repenser notre modèle productif et de construire une politique industrielle qui soit non seulement en phase avec ces transitions mais joue aussi un rôle de levier pour leur réussite. De nouveaux produits ou formes d’usage apparaissent et des filières industrielles émergent ou se transforment, les entreprises évoluent pour répondre aux préoccupations écologique, sociale et de la société, en réponse à ses besoins.

L’arrivée du numérique est porteuse de profonds bouleversements, en particulier ses conséquences sur le travail et l’emploi. Les ruptures technologiques qui se sont produites par le passé, identifiées par le terme de révolution industrielle, ont toujours amené les mêmes questionnements et inquiétudes sur l’emploi et le travail. Aujourd’hui, comme l’a souligné Pierre Musso, « l’informatisation généralisée entraîne une mutation profonde de l’entreprise […]. Le taylorisme et le fordisme reposaient sur l’idée que l’ouvrier ne devait pas réfléchir… Aujourd’hui, on se trouve dans la cerveau-facture. Les facteurs clés de production sont la connaissance, la création, l’énergie - notamment nerveuse -, etc. Toute l’industrie doit se positionner là-dessus ; […] La main-d’œuvre peut aussi être appelée « cerveau d’œuvre » » (Ref 9). Cette perception nouvelle devrait conduire à développer une vision de transformation anthropologique du travail et élaborer des mesures de mutation de l’emploi qui s’adressent à tous.

Des débats se développent sur la disparition d’emplois en termes de quantité et de qualité, certains allant même jusqu’à théoriser la fin du travail. Comme le souligne le rapport du conseil d’orientation pour l’emploi « Automatisation, numérisation et emploi » (Ref 10), « les progrès réalisés dans le champ de la robotique et de l’intelligence artificielle, l’essor de l’Internet des objets, le traitement des données de masse (big data) ou l’émergence de l’impression 3D alimentent aujourd’hui des inquiétudes autour d’un futur sans emploi ». Mais plutôt que de les imaginer comme un asservissement, les nouvelles technologies peuvent aussi être mises au service des femmes et des hommes. Numérisation et robotisation peuvent rendre le travail plus intéressant et moins pénible avec des temps de formation pour des emplois de qualité, qualifiés et pour dégager du temps de vie.

L’un des enjeux liés au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) réside dans la nécessité de faire progresser la santé et la sécurité au travail. La numérisation et la robotisation représentent en effet une réelle opportunité d’améliorer les conditions de travail dans l’accomplissement de certaines tâches, mais comportent aussi des risques nouveaux qui doivent être pris en compte.

Les robots collaboratifs appelés aussi cobots (terme issu de la contraction des termes anglais « collaborative robots ») peuvent accomplir des tâches difficiles, pénibles ou répétitives et de ce fait, soulager les salariés dans les travaux les plus pénibles ou les plus dangereux.

Technologies et chômage

Néanmoins, l’introduction de ces robots pose des questions de santé et de sécurité au travail (Ref 11) : présence humaine dans le même espace de travail (risque de collision), création d’autres troubles musculo-squelettiques (TMS), substitution d’une charge physique par une charge mentale, risques psychosociaux (coactivité être humain/robot). Les nouvelles technologies soulèvent également la problématique de l’hyperconnexion ou de l’asservissement de l’Homme à la machine.

Autre enjeu : produire mieux avec la même masse salariale voire supérieure. Si les nouvelles technologies doivent permettre de libérer les salariés des tâches répétitives, elles peuvent faire craindre des hausses importantes du chômage. Déjà Ricardo (1815) et Keynes (1931) attiraient l’attention sur le chômage technologique.

Comme l’a expliqué Marie-Claire Carrère-Gée (Ref 12) en entretien, plusieurs études qui se concentrent sur les suppressions d’emplois (nonobstant les créations), ont cherché à estimer le nombre d’emplois qui pourraient être détruits dans un futur proche à cause du développement des technologies d’automatisation et numériques, avec des résultats pouvant être très différents (voir tableau ci-dessous). Les résultats divergent principalement car les calculs ne partent pas des mêmes faits : certaines études considèrent l'emploi dans sa totalité quand d'autres détaillent les tâches.

Le COE a pour sa part réalisé une étude statistique, sur la base de l’exploitation des données françaises et individuelles de l’enquête Conditions de travail de la Dares. Elle montre que :
– moins de 10 % des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation (« emplois exposés ») ;
– la moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé (« emplois susceptibles d’évoluer ») ;
– le progrès technologique continuerait à favoriser plutôt l’emploi qualifié et très qualifié : parmi les emplois susceptibles d’être vulnérables, les métiers surreprésentés en volume ou au regard de leur part dans l’emploi total, sont souvent des métiers pas ou peu qualifiés.

L’OCDE (Ref 13) anticipe effectivement une accentuation de la polarisation du marché du travail (Ref 14) du fait de la destruction accélérée d’emplois routiniers et de l’augmentation considérable de la demande de main-d’œuvre pour les emplois hautement qualifiés non répétitifs. Source d’inégalités sociales, ce phénomène éloigne de plus en plus les salariés peu qualifiés des emplois assurant une rémunération et un bien-être suffisants. Néanmoins, il semble que nous soyons entrés dans une seconde phase où la destruction touche des emplois qualifiés. La question de la formation initiale et continue pour tous les niveaux de qualification se pose dès lors avec acuité.

Pour autant, l’OCDE réfute le risque de chômage technologique massif en raison des nouveaux emplois créés par les technologies de l’information et de la communication (TIC), directement mais aussi indirectement : pour un emploi créé par le secteur des hautes technologies, ce sont 5 emplois complémentaires qui sont créés. La Fédération internationale de robotique (IFR) met aussi en avant le fait que le taux de chômage est le plus bas dans les pays les plus robotisés. A ce titre, l’Allemagne est souvent citée en exemple : on y compte près de 150 000 robots, contre moins de 50 000 en France, alors que le taux de chômage n’y est que d’environ 4 % contre 10 % en France.

Ces chiffres doivent toutefois être regardés avec prudence car si l’intégration des TIC implique effectivement la création de nouveaux emplois souvent très qualifiés et favorise le développement d’emplois induits, il est important de connaître le solde entre ces nouveaux emplois et les emplois détruits. La robotisation peut aussi avoir des impacts sur les salaires. Selon cette même étude, chaque nouveau robot pour 1 000 travailleurs, occasionne une perte de salaire de 0,25 à 0,50 % (Ref 15).

Par ailleurs, si la robotisation peut réinterroger les stratégies de localisation des unités de production, on peut penser que les exigences de cette nouvelle industrie en main-d’œuvre fortement qualifiée est une opportunité pour le développement d’un mouvement de relocalisation. Toutefois, au moins deux éléments doivent être regardés de près :
- le développement de la robotisation industrielle dans les pays émergents et en particulier en Chine qui a fabriqué environ 120 000 robots en 2017, soit 66 % de plus que l’année précédente ; et ce pays est par ailleurs l’acheteur d’environ 1/3 des robots fabriqués dans le monde. La robotisation étant au cœur du plan « made in China 2025 », cette tendance (« robotivore ») ira en s’accélérant ;
- l’écosystème industriel et humain dans lequel se met en place cette robotisation et sa capacité à faire coopérer l’ensemble des acteurs pour être à pointe de l’innovation et proposer des solutions complètes et favorables à la relocalisation.

Repenser l’organisation du travail

En tout état de cause, la numérisation des processus de production amène à repenser l’organisation et le sens du travail au sein de chaque unité de production. Des modifications du contenu des métiers auront lieu ; ces dernières, accentuées par la polarisation du marché du travail, auront un impact négatif sur les travailleurs qui ne sont ou ne seront pas en mesure de faire la transition vers les nouveaux emplois. Il est urgent de s’approprier ces nouveaux phénomènes afin d’élaborer des stratégies qui permettent aux travailleurs de bénéficier de la robotisation et non de la subir. En parallèle, de nouvelles formes d’emploi apparaissent. L’ubérisation de l’économie interroge le concept de travail et de salariat et pose la question de l’utilité sociale des plateformes numériques et de leur maîtrise comme de leurs conséquences sur les mécanismes de solidarité de notre société.

À des étapes précédentes, les évolutions technologiques majeures ont amené des gains de productivité. Mais comme le détaille Hakim El Karaoui dans une analyse parue dans le mensuel « Constructif » (Ref 16) : « globalement les gains de productivité associés ont considérablement accru les revenus et les standards de vie, nourrissant en retour une demande de nouveaux produits et services. Ce cercle vertueux, qui fut celui des Trente Glorieuses, reste aujourd’hui la pierre angulaire du raisonnement de nombreux économistes qui regardent sereinement les ruptures technologiques en cours et à venir. Car l’Histoire parle d’elle-même : le progrès technique et les gains de productivité associés ont toujours été, sur le long terme, créateurs d’emplois. Mais la situation pourrait être en train de changer. » Aujourd’hui, il est non seulement nécessaire de décider de l’utilisation des gains de productivité mais également et avant tout, de définir de quelle productivité l’on parle.

 

Ref 1: Pierre Veltz, La société hyperindustrielle, Le nouveau capitalisme productif, La république des idées, Seuil, février 2017.
Ref 2 : Des sociologues comme Alain Touraine ou David Bell ont théorisé cette société postindustrielle dès les années 1970.
Ref 3 : Elle correspond à la somme des moyens financiers (nationaux et étrangers) mobilisés pour l’exécution des travaux de R&D sur le territoire national (métropole et outremer) par le secteur des entreprises. Elle comprend les dépenses courantes (masse salariale des personnels de R&D et dépenses de fonctionnement) et les dépenses en capital (achats d’équipements nécessaires à la R&D).
Ref 4 : 74,1 % en 2014, soit 23,1 milliards d’euros sur un total de 31,1 milliards d’euros contre 21,3 % pour les services, soit 6,6 milliards d’euros d’après Philippe Roussel et Camille Schweitzer, « Dépenses de recherche et développement en France, Résultats détaillés pour 2014 », Note d’information, n° 16.12, ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, décembre 2016.
Ref 5 : Guillaume Ferrero, Alexandre Gazaniol, Guy Lalanne, « L’industrie : quels défis pour l’économie française ? », Lettre TrésorÉco, n° 124, février 2014.
Ref 6 : Jean-Louis Beffa, « Pour une nouvelle politique industrielle », La documentation française, coll. Des rapports officiels, janvier 2005.
Ref 7 : Datar, « La France, puissance industrielle », Étude prospective de la Datar, 2004.
Ref 8 : Insee, « Construction aéronautique et construction automobile, deux secteurs qui ont un effet d’entraînement marqué sur le reste de l’économie », Note de conjoncture de l’Insee, p. 99, mars 2012.
Ref 9 : Audition du 6 septembre 2017 de Pierre Musso.
Ref 10 : Conseil d’orientation pour l’emploi, « Automatisation, numérisation et emploi », janvier, septembre et octobre 2017.
Ref 11 : Philippe Charpentier & Adel Sghaier, « L’homme au travail et le robot : une relation à inventer », Hygiène et sécurité au travail, n° 231, INRS, juin 2013.
Ref 12 : Entretien du 4 octobre 2017 avec Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE).
Ref 13 : « Automatisation et travail indépendant dans une économie numérique, Synthèse sur l’avenir du travail », OCDE, mai 2016.
Ref 14 : Ce terme décrit un accroissement simultané de la part des métiers les plus qualifiés et de celle des moins qualifiés, en même temps qu’une fragilisation des classes moyennes.
Ref 15 : Daron Acemoglu, Pascual Restrepo, « Robots and Jobs: Evidence from US Labor Markets », NBER Working Paper, No. 23 285, Issued in march 2017.
Ref 16 :  Hakim El Karaoui (associé au sein du cabinet Roland Berger Strategy Consultants), « L’innovation technologique, ennemie de l’emploi ? », Constructif n° 41, juin 2015.

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