Impacts de la transformation numérique

Pour cette étude, le Syntec Numérique a interrogé près de 300 personnes, aussi bien industriels que professionnels de sa branche d’activité.

Face à une concurrence internationale exacerbée, les entreprises industrielles françaises doivent rapidement opérer leur mutation numérique pour se construire un avenir durable. Inévitablement, cette transformation implique des changements technico-économiques profonds, qui impactent les organisations et les métiers de l’ensemble des salariés. Dans ce contexte, Syntec Numérique a fait appel à l’OPIIEC* afin d’identifier les compétences et les formations indispensables pour accompagner cette grande transition.

« Comparée à l’Allemagne, l’Espagne, ou encore les Etats-Unis, la France accuse un retard dans la numérisation de son industrie et doit accélérer sa transformation vers l’industrie du futur. Ce changement ne peut toutefois s’opérer efficacement qu’à condition de disposer des bonnes compétences et de talents en nombre suffisant ! Nous avons donc sollicité l’OPIIEC afin de dresser un état des lieux de la situation actuelle et future, tant du point de vue des professionnels de l’industrie que de celui de notre branche. L’objectif ? Pointer notamment les ajustements à opérer pour que les formations soient en adéquation avec les besoins « métiers » de ce marché », explique Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique.

Pour cette étude 158 entreprises de la branche et 114 professionnels issus de 4 grands secteurs - Industries d’extraction et de première transformation ; Industries de la chimie, pharmaceutique et agroalimentaire ; Biens de consommation ; Biens d’équipements - ont été interrogés.

Voici quelques conclusions d’un rapport de plus de 100 pages, disponible auprès du Syntec Numérique.

Les objectifs de l’étude et les moyens mobilisés

La transformation du secteur, indispensable pour se construire un avenir face à la concurrence internationale, passera nécessairement par une transition numérique.

Toutes les fonctions des entreprises industrielles sont touchées par la transition numérique qui modifie structurellement les process, l’organisation, les outils et bien sûr les métiers et les compétences des salariés. Dans ce contexte, les entreprises de la Branche quel que soit leur secteur (le numérique, l’ingénierie et le conseil), vont devoir adapter leurs offres et les compétences de leurs salariés pour répondre à une demande en profonde évolution.

La transition numérique des industriels en France en est encore à son commencement, ce qui laisse de belles perspectives pour les entreprises du numérique.

De façon générale, seuls 10% des industriels affirment que leur transformation numérique est avancée ou achevée. Les entreprises de la Branche sont plus optimistes que les industriels concernant la maturité numérique de ces derniers.

Des niveaux de maturité différents selon les secteurs d’activité se font sentir, les industriels considérant être dans une transition numérique avancée ou achevée sont 5 fois plus nombreux dans les secteurs des biens de consommation que dans la chimie, la pharmacie et l’agroalimentaire.

La taille de l’entreprise peut être également un facteur de maturité numérique. Les entreprises de moins de 250 salariés sont les plus nombreuses (14%) à déclarer ne pas envisager de transition numérique à court terme : c’est certainement l’effet PME sur une niche.

Plus de 60% des entreprises de plus de 1.000 salariés affirment que leur transformation numérique est en cours ou avancée (contre moins de 40% des entreprises de moins de 1.000 salariés).

Les entreprises du numérique réalisant entre 80% et 100% de leur chiffre d’affaires avec l’industrie sont près d’un tiers à estimer que leurs clients industriels ont avancé ou achevé leur transition numérique. Les entreprises réalisant entre 60% et 80% de leur chiffre d’affaires dans l’industrie sont les plus nombreuses à penser que la transition numérique dans l’industrie est avancée ou achevée.

Ceci peut s’expliquer par le fait qu’elles ont davantage de points de comparaison avec d’autres secteurs d’activité que les entreprises dites « expertes », probablement plus exigeantes

Secteurs des industries extractives et de première transformation

De manière générale, les industriels et les entreprises du numérique sont en phase sur le niveau de priorité des enjeux de ce groupe sectoriel.

La gestion des risques est devenue la préoccupation numéro un des industriels et des entreprises de la Branche du secteur des industries extractives et de première transformation soumis à de forts enjeux environnementaux.

L’accroissement du rendement des installations est également un enjeu phare pour rester compétitif dans un secteur où la compétition est mondiale et les produits standardisés.

58% des entreprises du numérique considèrent les technologies de captation d’information comme prioritaires et 40% d’entre elles travaillent sur ce type de technologie. L’acquisition de cette technologie est plébiscitée par les industriels dans l’optique d’exploiter l'information avec l'aide d’autres technologies comme les outils de visualisation, simulation, d’exploitation et valorisation de Big data.

L’écart de vision se situe sur les engins et robots autonomes mis en avant par les industriels au même niveau que les outils de visualisation et de simulation mais relégué à la 8e position des technologies perçues comme prioritaires pour les entreprises de la Branche.

Secteurs de la chimie de spécialité, de la pharmacie et de l’agroalimentaire

S’agissant de produits de consommation courante, la gestion de la sécurité sanitaire des produits est de loin la première des priorités.

De nombreux incidents aux conséquences dévastatrices, autant pour les entreprises concernées que pour l’ensemble de leur secteur, poussent les industriels à chercher à offrir toujours plus de transparence à leurs consommateurs et à piloter les risques pour préserver leur image et celle de leur secteur vis-à-vis du consommateur.

L’excellence opérationnelle, largement travaillée dans le passé, devient moins prioritaire par rapport aux autres enjeux.

Dans ce contexte, il n’est pas anormal que la captation de l’information et le traitement de ses données soient en tête des technologies recherchées pour servir ces enjeux.

Il est intéressant de noter également que les outils de travail collaboratifs semblent constituer un excellent levier pour servir les enjeux prioritaires identifiés. Le développement de la Cybersécurité vient compléter le palmarès destiné à sécuriser les processus de production et donc aussi les clients sur la fiabilité de leurs fournisseurs.

Secteurs des biens de consommation

Le renouvellement continu de l’offre est prioritaire ou très important pour 63% des industriels. Même si les blockbusters ont souvent une longue durée de vie, faire parler d’une marque nécessite d’apporter régulièrement de la nouveauté et de l’actualité au consommateur et attirer de nouveaux utilisateurs.

Sur des marchés très concurrentiels, la prime au premier entrant est très importante. Gagner en rapidité de développement ne signifie donc pas seulement une meilleure sécurisation de la rentabilité de l’investissement R&D, mais souvent aussi une garantie de diminution des dépenses.

Les outils de travail collaboratif permettent de raccourcir le time to market et de proposer un renouvellement continu de l’offre. Les outils de simulation et de visualisation sont indispensables aux industriels du secteur pour réduire la durée des cycles de conception des produits. La maîtrise des technologies de captation de l’information est capitale pour piloter la production en grande série et anticiper les écarts pouvant entraîner des malfaçons et des interruptions de la production qui sont très coûteux.

Secteurs des biens d’équipement

L’innovation est pour plus de 50 % des répondants industriels et entreprises de la Branche un enjeu prioritaire pour le secteur des biens d’équipement. L’innovation se caractérise par l’offre de nouveaux services ou des technologies qui enrichissent l’expérience client.

Vient ensuite la maîtrise des temps de cycles qui complète parfaitement la nécessité de pousser plus rapidement l'innovation sur le marché pour garder un avantage compétitif face aux acteurs des pays émergents qui viennent talonner nos champions.

Les outils de simulation et de visualisation sont indispensables aux industriels du secteur des biens d’équipement pour limiter les coûts des tests sur prototypes. 45 % des entreprises de la Branche travaillent sur cette technologie dans ce secteur.

Les outils de travail collaboratif permettent de raccourcir le time to market, un enjeu majeur pour un secteur soumis à la concurrence des pays émergents. Par ailleurs l'exploitation de big data permet d'enrichir la connaissance client et ainsi de développer de nouveaux services avec de nouvelles opportunités et revenus.

Les grandes technologies de l’Industrie du futur

Dans l’Industrie du futur, nous distinguons trois groupes de technologies à des niveaux de maturité et d’adoption différents :

Groupe A : Technologies apparues dans les 10 dernières années qui se sophistiquent. Elles sont utilisées pour automatiser et digitaliser les process industriels.

Groupe B : Technologies qui ne sont pas toujours bien maitrisées car les compétences dans ces domaines sont rares en France. Le besoin d’adoption de ces technologies est clairement identifié pour limiter les risques (amélioration continue des systèmes de maintenance prédictive, aide à la prise de décision, protection des systèmes d’information grâce aux systèmes de cybersécurité.

Groupe C : Technologies qui n’ont pas encore trouvé leurs périmètres d’application ou dont la nécessité ne se fait pas ressentir à court terme pour certains industriels. L’engouement autour de ces technologies est avéré mais les industriels ne sont pas encore certains de la valeur ajoutée qu’elles peuvent apporter.

Partager cette page :