ETI ET INNOVATION

Le projet Industrie du Futur est en priorité destiné à aider les PME à se moderniser et à se développer avec un objectif bien précis, les aider à exporter et à devenir des ETI. Des entreprises de tailles intermédiaires dont la France manque cruellement et sur lesquelles la BPI et la DGE ont travaillé de concert pour enquêter.

 

Selon l’enquête DGE-Bpifrance réalisée début 2015, les perspectives d’évolution d’activité des ETI pour 2015 confirment le redressement entamé en 2014 : 43 % des ETI prévoient une hausse de leur chiffre d’affaires en 2015, 15 % une baisse, soit un solde d’opinion prévisionnel de + 28 points, supérieur de 5 points à celui de 2014, après une légère progression de 2 points l’année précédente.

 

Les perspectives d’activité s’améliorent

Le solde d’opinion prévisionnel d’activité pour 2015 se stabilise à un très haut niveau pour les ETI de plus de 500 salariés (+ 41 après + 39) ainsi que pour les ETI solidement implantées à l’international, dont plus du quart des effectifs sont basés à l’étranger (+ 61).

Les écarts se resserrent avec les ETI de moins de 250 salariés (+ 18 après + 1) et celles dont la totalité des effectifs salariés sont implantés en France (+ 19 après + 12).

En termes sectoriels, les perspectives demeurent favorablement orientées dans l’industrie (+ 36 après + 37), après un rebond particulièrement marqué en 2014, tandis qu’elles se redressent vigoureusement dans les services (+ 42 après + 27).

 

Les ETI repartent à la conquête des marchés extérieurs

Après s’être resserrés en 2014, les soldes d’opinion prévisionnels de chiffre d’affaires selon la destination des ventes (graphique 1) ont continué de s’améliorer à l’international, aussi bien vers l’Union européenne (+ 13 après + 10) qu’en dehors (+ 17 après + 16). En revanche, pour la France, bien que toujours favorables, les perspectives sont moins dynamiques  (+ 11 après + 15).

Ces tendances sont identiques quelles que soient les ETI, bien que davantage marquées pour les ETI innovantes.

Les ETI sont de nouveau attirées par les marchés extérieurs, après trois années marquées par une réorientation des ventes vers la France et un désengagement partiel à l’étranger. Ainsi, la part des ventes réalisées en France a décru en 2014, à 84 % pour l’ensemble des ETI (après 85,7 % en 2013). De même, 36 % des ETI ont déclaré avoir au moins une filiale à l’étranger en 2014, soit une progression de 6 points par rapport à 2013. Cet accroissement est particulièrement important pour les ETI fortement internationalisées (plus du quart de leur chiffre d’affaires à l’étranger) puisque la part passe de 68 % à 84 %. En termes de localisation des filiales à l’étranger, les ETI sont toujours le plus implantées dans l’Union européenne, ce qui limite leur accès aux marchés exotiques, plus dynamiques, et pèse ainsi sur leurs exportations.

 

Les carnets de commandes des ETI devraient s’améliorer en 2015…

Les carnets de commandes sont restés peu garnis en 2014, mais le solde d’opinion, entre les ETI qui considèrent leur carnet bien garni et celles qui l’estiment faiblement rempli, s’améliore (- 4 après - 9 en 2013). La situation est cependant bien différente selon le profil des ETI : les ETI fortement internationalisées ont su tirer leur épingle du jeu (+ 11 après - 10), et profiter du regain de croissance en zone euro et dans le reste du monde afin de garnir leurs carnets de commandes.

Il en est de même pour les ETI innovantes. À l’inverse, les ETI réalisant la quasi-totalité de leurs ventes en France n’ont pas vu d’amélioration en lien avec l’atonie de la demande intérieure (- 12 après - 9). La situation semble s’être légèrement dégradée dans le commerce, transport, hébergement (- 13 après - 9) alors qu’elle est meilleure dans l’industrie (+ 2 après - 6) et dans les services (+ 4 après - 11).

Néanmoins, compte tenu de l’amélioration des perspectives en matière de carnets de commandes pour 2015 (+ 8 après + 6), le scénario d’une reprise, à court et moyen termes, dont l’ampleur est incertaine, se dessine : les soldes d’opinion progressent quels que soient les profils des ETI, même si cette tendance est amplifiée pour les ETI fortement internationalisées (+ 27 après + 24) et les ETI des services (+ 16 après + 7).

 

… et entraîner de meilleures exportations

Les exportations des ETI en 2014 sont, globalement, en accord avec les objectifs qu’elles s’étaient fixés alors qu’elles avaient été inférieures aux prévisions en 2013 : le solde d’opinion entre les entreprises dont les exportations ont été supérieures aux objectifs et celles dont les exportations ont été inférieures est passé de - 4 en 2013 à 0 en 2014. L’amélioration la plus importante concerne les entreprises fortement internationalisées (le solde est passé de - 7 à + 8). Le rebond espéré en 2014 de l’activité à exportation selon l’enquête de l’année dernière (solde de 15 points entre la part des ETI ayant prévu une hausse de leurs exportations et celle qui avait anticipé une baisse, après 11 points en 2013 – graphique 2) a donc eu, globalement, l’ampleur attendue. Les ETI très  internationalisées, dont les anticipations pour 2014 étaient les plus orientées à la hausse (solde de + 38 après + 27), les ont même dépassées.

L’année 2015 devrait se caractériser par une nouvelle croissance des exportations des ETI, avec un différentiel de + 15, comme l’année précédente, entre la part des entreprises qui prévoient que leur activité en termes d’exportation sera en augmentation et la part de celles qui pensent qu’elle sera en diminution.

Cette fois-ci, l’ensemble des ETI devrait bénéficier de l’activité à l’international.

 

Les investissements devraient s’accroître à nouveau en 2015

Le solde d’opinion des dirigeants d’ETI relatif aux investissements de croissance interne (qui concernent tout à la fois les investissements physiques et les investissements immatériels) réalisés en 2014 a retrouvé son niveau de 2012 après avoir fortement reculé en 2013 : il s’est établi à + 21 après + 13 en 2013 et + 22 en 2012. Ce rebond concerne l’ensemble des ETI et met fin à la tendance à la baisse observée depuis 2011. Il est particulièrement marqué pour les ETI fortement internationalisées (+ 27 après + 10) et pour les ETI du secteur de l’industrie et des services (+ 26 chacune après respectivement + 12 et + 13).

Les perspectives pour 2015 en matière d’investissements de croissance interne poursuivent le redressement entamé en 2014 (+ 20 après + 17 – graphique 3) et retrouvent leur niveau de 2012. D’un point de vue sectoriel, seul le secteur commerce, transport, hébergement fait figure d’exception avec une stabilisation des perspectives à leur niveau de 2014.

En matière d’investissement de croissance externe, les prises de participation dans d’autres entreprises ou la création de filiales ont été un peu plus nombreuses en 2014 qu’en 2013.

L’évolution est particulièrement marquée dans les services où 36 % des entreprises ont pris une participation en 2014 contre 25 % en 2013. Les intentions pour 2015 sont à peu près équivalentes à celles formulées pour l’année 2014. Le rythme des prises de participation et des créations de filiales pourrait donc rester soutenu en 2015 : près du quart des ETI déclarant au moins un projet de création de filiale en 2015 et un peu plus d’un tiers des ETI au moins une prise de participation.

 

Des investissements le plus fréquemment financés par autofinancement

En 2014, les ETI ont financé leurs investissements de croissance interne et externe à 53 % par recours à l’autofinancement. La part de l’endettement et des concours bancaires s’est élevée à 43 %. Les apports en fonds propres représentent toujours une part très minoritaire (4 %). Si,  traditionnellement, les ETI fortement internationalisées et les ETI innovantes recourent davantage que la moyenne des ETI à l’autofinancement (57 % dans les deux cas), ce n’est pas le cas des ETI des secteurs du commerce, du transport et de l’hébergement, qui ont un recours plus fréquent à l’endettement et au concours bancaire (53 %).

 

La majorité des ETI ne rencontrent aucune difficulté d’accès au crédit

En 2014, sept ETI sur dix n’ont rencontré aucune difficulté particulière pour accéder au crédit de trésorerie ou à l’investissement. Les ETI sont tout de même confrontées à certains freins concernant le recours aux prêts bancaires. Les garanties exigées restent la préoccupation majeure bien qu’en légère baisse par rapport à 2013 : une ETI sur cinq les considère comme une contrainte importante pour les prêts à court terme et près de 30 % en matière d’accès aux prêts bancaires à long terme. Le niveau des taux d’intérêt est de moins en moins contraignant pour les ETI : la proportion de dirigeants d’ETI qui le mentionne comme un obstacle important est deux fois plus faible que l’année dernière. 

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