DE L’ÈRE DU JETABLE À L’ÈRE DU DURABLE !

L’économie circulaire est fondée sur un modèle de production et d’échanges intégrant, dès leur conception, la durabilité et le recyclage des produits ou de leurs composants qui peuvent être réutilisés ou devenir de nouvelles matières premières pour d’autres productions. Le déchet d’une industrie devient ainsi la matière première d’une autre, réduisant la consommation de ressources au stock limité.

Par Vincent Moulin Wright et Xavier Le Coq, co-présidents de la Section thématique transversale du CNI « économie circulaire ».

 

Le thème de l’économie circulaire a été débattu  lors de la deuxième Conférence environnementale en septembre 2013. Les ministres chargés de l’industrie et de l’écologie, de l’économie sociale et solidaire et de la consommation y coprésidaient une table-ronde dédiée à l’Economie circulaire. La question de la fixation d’objectifs en matière d’Economie circulaire, notamment sur les questions de durabilité ou de taux de recyclage de déchets dans les produits, a été examinée et il a été décidé de confier au CNI, au travers de ses Comités stratégiques de filières (CSF), la mission d’élaborer des objectifs et de préparer la formalisation des engagements par filière industrielle.

Pour mettre en œuvre cette mission, le CNI a créé un Groupe de travail début 2014 au sein duquel les comités stratégiques de filières (CSF) ont été invités à désigner des Référents Economie circulaire. Ce Groupe de travail a mis en place une méthodologie et une coordination qui a produit fin 2014 un Etat des lieux décrivant à la fois les actions déjà menées dans le cadre des activités industrielles les « bonnes pratiques des filières » , les actions prévues dans le cadre des contrats de filière, et de nouvelles actions envisagées collectivement par les CSF.

Au sein de sa démarche méthodologique, le Groupe de travail des référents a décidé de classer les différents engagements des filières selon 4 grands axes thématiques :

Cet état des lieux a notamment permis de constater que beaucoup de secteurs industriels sont déjà très engagés, et depuis de nombreuses années, dans l’économie circulaire, notamment sur ses composantes les plus anciennes : réduction de consommation d’intrants et recyclage… là où éco-conception, écologie industrielle ou économie de la fonctionnalité sont encore des concepts plus complexes à développer.

Les acteurs industriels très conscients de leur responsabilité environnementale présentent depuis 20 ans un bilan écologique solide : réduction de 60 % des déchets via le recyclage, accroissement de 30 % de la productivité matière, réduction de 36 % des GES et de l’empreinte environnementale des usines… Ainsi, la forte mobilisation des filières industrielles a permis de remettre l’Etat des lieux finalisé lors de la session plénière du CNI le 10 décembre 2014 en présence du Premier Ministre Manuel Valls.

 

Des travaux poursuivis en 2015

Le bureau du CNI a proposé que ces travaux soient poursuivis en 2015 dans le cadre d’une Section Thématique Transversale du CNI, créée à cet effet.

En 2015, les principaux travaux effectués ont porté sur la définition d’Engagements volontaires dans une logique contractuelle, les CSF s’engageant à établir un Parcours de progrès comprenant des engagements collectifs significatifs (à l’échelle de la filière), déclinés en projets opérationnels (à l’échelle d’entreprises volontaires). A terme, ces engagements volontaires seront progressivement intégrés dans les contrats de filière.

La portée de ces engagements sera matérialisée par un ensemble d’objectifs qualifiés au moyen d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs. A ce titre, la Section thématique a listé 44 indicateurs, répartis en 3 grands domaines :

 Indicateurs environnementaux (26), dont des indicateurs « déchets », « efficacité de production », « performances industrielles »

  Indicateurs économiques (9)

  Indicateurs sociétaux (9)

En 2015, les CSF ont proposé les premiers Parcours de  progrès, dont certains sont multi-filières. Citons par exemple les Parcours les plus

avancés :

 Recyclage des Plastiques : il associe les CSF Chimie & Matériaux, Agroalimentaire, Santé, Automobile,

Aéronautique, Naval (nautisme),

Ferroviaire, Mode & Luxe (textile)…

 Déchets minéraux du BTP : recyclage, réutilisation et écologie territoriale des déchets : il concerne l’activité des carrières, les industries des matériaux (plâtre, granulats, ciment, béton…) et leurs clients du BTP.

 Déchets métalliques : il concerne les industries des minéraux, minerais et métaux et leurs clients aval.

 Recyclage et valorisation des bio-déchets : il concerne les industries agricoles et alimentaires, et la filière bois.

La maturité technique de ces parcours de progrès en matière d’économie circulaire est très différente selon leur nature, les enjeux économiques directs, les business models concernés etc… De plus, l’évolution de la situation économique en 2015, en particulier l’effondrement des cours de nombreuses matières premières (pétrole, plastiques, minerais et métaux, etc…) dégrade la rentabilité de certains de ces projets et en ralentit temporairement la mise en place.

En parallèle, des réflexions s’engagent avec les Ministères chargés de l’Industrie et de l’Ecologie, sur l’élaboration en France d’un dispositif de contractualisation en matière d’Economie circulaire et plus largement des Engagements pour l’Economie verte, en analogie avec la démarche des « Green deals » déployée avec succès depuis plusieurs années aux Pays Bas.

La Section Thématique du CNI, examinera, avec l’ensemble des parties prenantes, et sous l’égide des pouvoirs publics, comment mettre en place une forme de labellisation sur ces initiatives engagées par les porteurs de ces Projets créateurs d’activité économique et vertueux du point de vue de l’économie circulaire. 

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