Améliorer la visibilité de la Supply Chain

Selon l'étude réalisée par Sapio Research, pour le compte de Zetes, la priorité numéro un des entreprises est d’améliorer la précision, la rapidité et l'agilité de bout en bout de la Supply Chain.

Fondée sur les réponses de dirigeants du secteur manufacturier en Europe et en Afrique du Sud, l'étude Zetes témoigne d'un fossé inquiétant entre les objectifs opérationnels des entreprises et les résultats atteints.

Les fabricants restent relativement confiants quant à leurs aptitudes dans des domaines essentiels tels que le suivi, la visibilité, l'agrégation des informations et l'harmonisation des données. Mais quand on plonge dans la réalité quotidienne de ces entreprises l’on constate qu'elles doivent encore résoudre des problèmes de taille, internes et externes.

Défis posés aux fabricants

De la transformation profonde des attentes des consommateurs (et ses conséquences sur la Supply Chain de bout en bout) à la demande de transparence et de traçabilité descendante et ascendante, les entreprises font face à de nouvelles pressions en vue d'améliorer la qualité, le respect des délais et, plus particulièrement, la réactivité. Au-delà de la diversité des changements opérationnels dans les divers secteurs manufacturiers, il existe une certaine cohérence quant à la priorité accordée à ces défis.

Il ne fait aucun doute que les fabricants se heurtent à une série de problèmes complexes. Mais dans quelle mesure sont-ils aptes à les résoudre ? Comment peuvent-ils protéger leur image de marque tout en adoptant un modèle métier suffisamment agile pour leur permettre d'assurer la pérennité de leurs activités sans compromettre la précision et la rapidité de la Supply Chain ?

Il existe clairement un décalage entre les exigences de visibilité et la réalité, 80 % estiment essentiel de disposer d'une visibilité sur les risques liés à l'approvisionnement. Pourtant, seuls 25 % bénéficient d'une telle visibilité.

Ils sont 75% à souhaiter une visibilité sur tous les événements affectant l'entrée des marchandises des fournisseurs, et seuls 29% la possèdent.

Les contraintes liées aux informations, nettement prédominantes dans l'étude, ont des répercussions concrètes sur l'agilité, l'efficacité et la santé financière des entreprises. Du coup 89% désignent la visibilité de la Supply Chain parmi leurs priorités principales, même si 70 % ne bénéficient pas d'une telle visibilité. Pire 67 % parviennent difficilement à partager les informations clés entre les départements.

Manque de renseignements et harmonisation

Malgré l'essor de l'IoT et l'attrait exercé par les réseaux d'approvisionnement numériques, les entreprises utilisent toujours des moyens de communication dépassés (notamment le téléphone, le fax et l'e-mail) pour partager les données.

La lenteur de la communication conduit au cloisonnement des opérations et à l'hétérogénéité des flux d'informations, créant un modèle métier peu agile dans lequel l'entreprise doit sans cesse composer avec des imprévus. La moitié des entreprises interrogées réserve plus de 10 % de la valeur de leur production mensuelle comme stock de sécurité, ce qui n'est pas sans conséquence sur le plan financier.

Étant donné la complexité croissante de la Supply Chain, il n'est pas étonnant que seul un tiers des fabricants estime que l'agrégation d'informations est chose facile. En revanche, 55 % confirment qu'il est possible de bénéficier d'une vue agrégée, mais que le processus est long et ne reflète pas nécessairement la réalité. De plus, 12 % admettent que le résultat obtenu ne fournit pas forcément un panorama complet.

Parmi les problèmes rencontrés pendant la réalisation d'une vue agrégée, l’étude note : des informations incomplètes ou de mauvaise qualité reçues des fournisseurs (70 %) ; une absence de collecte de données clés (60 %) ; l’obtention d’informations provenant de systèmes non intégrés (60 %) ; des informations incomplètes ou de mauvaise qualité reçues des clients (60 %).

Conséquences d'une visibilité insuffisante

Le fait de collecter des données ne signifie pas qu'elles seront exploitables. Ainsi, 51 % des répondants qui obtiennent des informations en provenance de systèmes non intégrés déclarent que la disparité des formats de données les empêche de rassembler les informations nécessaires.

Par ailleurs, l'utilisation de systèmes autonomes (selon 48 %) et le manque d'informations en temps réel (selon 43 %) contribuent à maintenir un environnement opérationnel très éloigné des objectifs de vue unique et de renseignements précis en temps réel.

Ce manque de visibilité se traduit par une communication lente et inefficace et par l'absence d'informations pertinentes pour les principales parties prenantes. Par exemple, l'utilisation de l'e-mail pour contacter un fournisseur à propos d'un problème de composants risque d'entraîner un retard inacceptable dans l'atténuation des effets potentiels sur la production et la livraison aux clients. Sans la communication immédiate d'informations précises et fiables, il est extrêmement difficile de contrôler les fluctuations au niveau de la Supply Chain.

Sans ces renseignements, les entreprises ne peuvent pas prendre les décisions cruciales indispensables pour adopter un modèle de fabrication basé sur la demande, pour gagner en agilité et valoriser l'investissement dans du matériel coûteux, mais aussi pour réduire les niveaux de stock et dégager des fonds de roulement. Cet environnement extrêmement complexe exige en outre de tenir compte d'objectifs métier en constante évolution, notamment la priorisation des clients de premier ordre. C’est ainsi que 68% des entreprises n'offrent pas aux décideurs les informations dont ils ont besoin pour une prise de décision éclairée.

Il existe également un manque de confiance à l'égard des données. Bien que les entreprises aient adopté des processus d'alerte pour identifier les problèmes, ces systèmes ne suscitent pas un degré de confiance élevé. Par exemple, 71% des répondants utilisent des alertes pour identifier les problèmes avant qu'ils ne surviennent au niveau des livraisons fournisseurs, mais seule la moitié d'entre eux indique que le processus est fiable en permanence.

De même, 70% utilisent des alertes pour identifier l'épuisement des stocks de sécurité, mais seuls 45% confirment que ce processus est totalement fiable.

Faute de données pertinentes, la conséquence est que 62% des entreprises sont incapables d'intervenir rapidement en cas d'expédition tardive ou incomplète et 57 % ne parviennent pas à faire preuve de l'agilité nécessaire pour s'adapter à la demande.

Perspectives d'avenir et 4.0

Les répondants sont convaincus de la nécessité de collecter des informations en temps réel et d'obtenir une vue unique sur la Supply Chain. Ils prévoient d'ailleurs de réaliser des avancées importantes au cours des 12 prochains mois.

Ces initiatives mettront sans doute en avant les priorités des entreprises en matière de visibilité des informations en temps réel, notamment le transport depuis les sites des fournisseurs (76 %), les niveaux de stock détenus par les clients (73 %), les prévisions de la demande client (71 %) et les volumes produits en usine (71 %).

Bien qu'il s'agisse d'un signe positif, les entreprises sont encore loin d'atteindre le niveau d'innovation visé par le concept d'industrie 4.0. Selon l’étude, peu d'entreprises maîtrisent les notions de base des réseaux d'approvisionnement numériques (29 %). Seuls 15 % des répondants ont mis en œuvre un tel réseau et estiment que ceux-ci vont devenir la norme au cours des cinq prochaines années.

Le manque de visibilité sur les informations constitue le principal frein à l'adoption du modèle numérique. Quatre répondants sur cinq (80 %) estiment qu'il sera difficile d'obtenir des renseignements pertinents en provenance de la Supply Chain de bout en bout, 75 % déclarent que gérer des informations en temps réel sera un véritable défi et 77 % admettent que traiter les renseignements obtenus sera laborieux.

Si certaines entreprises aspirent à mettre en place un réseau d'approvisionnement numérique, la plupart sont bien conscientes des défis qui les attendent. Pour les relever, elles doivent mettre en place une stratégie grâce à laquelle les divers intervenants de la Supply Chain pourront obtenir des informations détaillées en temps réel sur la problématique qui les occupe, mais aussi sur les conséquences de ces problèmes sur le reste de la Supply Chain.

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